La Femme – Psycho Tropical Berlin

Posté le 10 Avr 2013   •   Catégories : 2013, Albums/EP, Coup de coeur   •   2811 Vues   •   Aucun commentaire sur La Femme – Psycho Tropical Berlin

La Femme - Psycho Tropical Berlin

C’est rare que je sois tombé sous le charme d’une femme. Mais là ce n’est pas pareil, c’est La Femme. La seule, l’unique. Enfin pas vraiment, puisque La Femme n’est pas toute seule. Ils sont quatre, cinq, voire six. Il y’a des filles, et des mecs.

J’ai été happé par la vague quand j’ai entendu pour la première fois Sur la planche. On va pas débattre deux heures sur le texte, mais pour ma part c’était en écoutant ce titre que je ressentais des sensations. Et puis il y’a eu Véronique ! Ah cette Véronique issue du morceau Télégraphe, où à chaque écoute du morceau, je récitais par cœur :

Merci à vous d’avoir tenté votre chance
Pour vous la vie s’arrête là
Vous ne pourrez aller plus loin
Le crédit est épuisé
Il n’y a plus d’issues
Retournez à Télégraphe
Il n’y a plus d’importance

Mais malheureusement Véro ne se retrouve pas dans l’album. Tant pis.

Leur premier album, Pyscho Tropical Berlin, est donc sorti lundi. La pochette met en avant une femme aux formes voluptueuses. Mais ne la regardez pas trop, elle n’aime pas ça.

L’album s’ouvre sur Anti Taxi, le morceau le plus agressif où les voix masculines et féminines se mélangent autour d’un thérémine (probablement) grinçant et aux instruments énervés. Le son de La Femme résonne comme de la ferraille que l’on broie. Ce n’est pas du plastique, mais plutôt du métal.
Amour dans le motu est un coup de cœur phonétique. Une femme (la même ?) semble surexcitée et déballe un texte ciselé parsemé d’une ritournelle Dans le motu, qu’on se surprend à répéter.

La Femme

L’interlude en piste n°4 installe une ambiance un peu plus calme, mais pas moins flippante. Près de trois minutes pour préparer l’arrivée d’un des titres phares : Hypsoline. Au milieu des clavecins et d’une atmosphère presque excitante, La Femme délivre sur un texte incompréhensible, où des mots médico-intellos s’entrechoquent.

It’s Time to wake up, le plus long titre de l’album qui culmine à près de 7 min, est aussi un de mes préférés. C’est complètement posé, les voix se fondent dans le décor, le texte semble glauque, mais les chœurs répétant CALIFORNIA nous emmènent loin vers les tropiques.

On arrive au milieu de l’album avec Nous Etions Deux, LA chanson qui m’a retourné. Le texte parle de tromperie et semble être un jeu, entre un mec et sa copine. On imagine le côté vicieux de la situation, on a envie de danser, le cœur serré.

Chérie, c’est vrai qu’c’est pas vraiment d’ma faute
Depuis longtemps j’en ai envie
C’est vrai c’est ta meilleure amie
Elle était là et j’ai dis oui
Être cocu c’est pas la mort
C’est toi qui un jour me l’a dit
Faisons faisons la paix au lit
Car bientôt tout sera fini

Pourquoi tes yeux continuent encore à me lancer des éclairs
A me glacer de remords,
Mais qu’est-ce que j’entends, encore des menaces
Baiser tous mes copains,
T’faire enfiler un par un.

[…]

A l’heure qu’il est je suis dans un train, très loin, loin de toi,
Et c’est beaucoup mieux comme ça,
Moi je ne veux plus m’étouffer au contact de tes cheveux
Mais oui je le sais la fièvre jaune m’emportera

Véronique n’est donc pas dans l’album, mais on peut dire bonjour à Françoise ! Enfin avec douceur puisqu’elle n’a pas le moral. Françoise a le blues suite à une rupture donc elle a dû mal à se remettre. Mais La Femme reprend le dessus dans Si un jour, où elle se montre un peu plus rebelle. en avance ou en retard son temps, La Femme veut faire comme l’Homme, abandonner son Moulinex, jusqu’à même devenir unisexe.

La Femme vient à peine de se faire connaitre, qu’elle aimerait pourtant tout lâcher, et fuir vers les USA. Le titre Welcome America qui agit comme un défouloir, révèle des paroles bien plus dures qu’il n’y parait. Il nous  est tous arrivé de penser à partir pour fuir le mal, ses problèmes ou tout simplement pour oublier une femme (ou un mec). La Femme elle, nous conseille de la fuir… dommage j’aimais bien ce voyage.

Elle nous lit alors une lettre d’adieu dans un dernier titre électrique, aux sonorités radioactives : From Tchernobyl with love.

L’album de La Femme vous fera voyager dans un trip particulier. Du calme des tropiques, complètement planant, à l’excitation sonore des bordels de la capitale allemande, ce disque vous mettra sous psychotrope.

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