[CINÉMA] Elle s’en va, Les Salauds, La vie d’Adèle

Posté le 9 Juil 2013   •   Catégories : 2013, Cinéma   •   1819 Vues   •   Aucun commentaire sur [CINÉMA] Elle s’en va, Les Salauds, La vie d’Adèle

J’aime beaucoup le festival Paris Cinéma qui m’a permis par le passé de voir des films en avant-première : La guerre est déclarée il y’a deux ans, de Valérie Donzelli, qui a eu le succès qu’on lui connait. Et l’an dernier j’ai pu voir Amour de Michael Haneke, vainqueur de la Palme d’or. Cette année ce sont trois films que j’ai vu : Elle s’en va, Les Salauds et La vie d’Adèle.

[CINEMA] Elle s'en va, Les Salauds, La vie d'Adèle

Elle s’en va d’Emmanuelle Bercot.

Avec Catherine Deneuve, Camille, Claude Gensac.
Sortie le 18 septembre 2013.


Le morceau de la bande-annonce c’est Faithful Man de Lee Fields & The Expressions

Bettie, la soixantaine, se voit soudain abandonnée par son amant et en péril financier avec le restaurant familial. Que faire de sa vie ? Elle prend sa voiture, croyant faire le tour du pâté de maisons. Ce sera une échappée. Au fil de la route : des rencontres de hasard, un gala d’ex-miss France, le lien renoué avec sa fille, la découverte de son petit-fils, et peut-être l’amour au bout du voyage… Un horizon s’ouvre à elle.

Je l’attendais depuis un moment ce film. Emmanuelle Bercot est une actrice / réalisatrice que j’aime beaucoup depuis sa participation au scénario de Polisse de Maïwenn. J’ai aussi aimé son film Backstage.
Ici, le film est un road trip. A la lecture du synopsis, je m’attendais à voir le Mammuth de Catherine Deneuve, comme Gustavo Kervern et Bruno Délépine l’ont fait pour Gérard Depardieu il y’a trois ans.

Elle s'en va d'Emmanuelle Bercot, avec Catherine Deneuve, Camille.

C’est ce qu’on retrouve dans la première partie du film, une femme ayant la soixantaine qui fuit tout : ses problèmes, ses proches, ses doutes, sa vie. Elle part et ne revient pas. Elle va se retrouver dans des situations assez dérangeantes, la mettant face à ses questions : la vieillesse en particulier.
Malheureusement le film est trop long, et trop lisse sur la fin. Là où Gustavo Kervern et Bruno Délépine emmenait Gérard Depardieu dans des moments de folies, Elle s’en va prend la tournure d’un téléfilm du samedi soir. Dommage.

Les Salauds de Claire Denis.

Avec Vincent Lindon, Chiara Mastroianni, Lola Creton, Miossec.
Sortie le 7 août 2013.

Commandant, à bord d’un supertanker, Marco Silvestri doit rentrer d’urgence à Paris, abandonner le navire. Sa sœur Sandra est aux abois… son mari suicidé, une entreprise en faillite et sa fille unique à la dérive. Sandra désigne le coupable : l’homme d’affaires Edouard Laporte. Marco loue un appartement dans l’immeuble où Laporte a installé sa maitresse et leur fils. Mais Marco n’avait pas prévu les secrets de Sandra, qui brouillent la donne…

Déjà, le synopsis est un peu dur à comprendre. D’un côté, j’ai eu l’impression pendant deux heures d’être noyé sous un flot d’information incontrôlable. De l’autre, j’ai eu la sensation d’être séduit par quelque chose de mal. D’être attiré par une force maléfique. Le film est très sombre. Les lumières, la musique, le peu de dialogue : tout est là pour instaurer une atmosphère gênante. Le film progresse, avance, on cherche avec lui la clef du mystère.

Les acteurs sont convaincants, à commencer par les deux principaux. Chiara Mastroianni est d’ailleurs une actrice qui vieillit très bien ! Elle sublime l’écran, comme elle pouvait le faire dans le dernier film de Christophe Honoré. Lola Creton inquiète et Florence Loiret-Caille surprend. Mais il m’a manqué quelque chose pour être totalement séduit.

 

La vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche.

Avec Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche, Sandor Funtek, Benjamin Siksou, Jérémie Laheurte.
Sortie le 9 octobre 2013.

À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve…

La vie d’Adèle a été le film sensation de Cannes. Adapté d’une bande dessinée de Julie Maroh, le film met en scène la vie d’Adèle, jeune fille qui grandit et se cherche. J’ai lu la BD quelques jours avant d’aller voir le film. C’est plutôt rare que j’en lise, les dernières que j’ai approché étant Tintin et Titeuf…
Ici, les dessins sont très jolis, comme des aquarelles où tous les traits fusionnent les uns avec les autres. Elle se lit plutôt vite, et on est absorbé par le destin de cette jeune fille, et séduit par Emma, l’objet de ses désirs.

Aux premières images du film, on reconnait les lieux et les personnages, l’univers nous est familier. Adèle déboule sur l’écran, avec ses rires, son français pas toujours correct, et (très souvent) ses larmes. Elle vit, comme tous les jeunes de son âge, mais un mal-être la ronge.
Sa vie bascule quand elle croise Emma (jouée par Léa Seydoux), avec des cheveux teintés de bleu. Adèle découvre un nouveau monde, et se découvre elle-même. Une histoire d’amour passionnelle inévitable nait entre les deux jeunes filles. On vit l’histoire entre deux femmes qui à la base n’étaient pas faites pour se rencontrer. D’un côté Adèle, lycéenne venant d’un milieu modeste, dont les repas sont synonymes de spaghettis à la sauce tomate. De l’autre Emma, étudiante aux Beaux-Arts, extravertie, et dont les huitres sont ses spaghettis à elle.

La vie d'Adèle Chapitre 1 & 2 d'Abdellatif Kechiche.

Adèle Exarchopoulos explose carrément à l’écran. On a pas l’impression de regarder un film, mais de s’immiscer dans sa vie privée. Abdellatif Kechiche filme sa muse au plus près. Elle a une énergie incroyable et porte le film du début à la fin. On vit l’histoire avec l’héroïne, on a envie de mettre des claques quand Adèle se fait insulter, on veut danser avec elle à son anniversaire, ou pendant une danse endiablée avec son collègue de travail. On a envie qu’elle pleure sur notre épaule. Adèle, à la manière de Sandrine Bonnaire dans A nos amours de Pialat, transperce l’écran par son énergie.

La deuxième partie du film prend une tournure différente par rapport à la bande dessinée. Le réalisateur a décidé d’un autre destin pour l’histoire d’amour d’Adèle et Emma.

Tous les acteurs, pour la plupart pas très connus, sont convaincants. Du petit ami raté (Jérémie Laheurte), à l’ami gay (Sandor Funtek qu’on a déjà vu dans Mourir d’aimer avec Muriel Robin), Benjamin Siksou, aux parents des deux actrices : Catherine SaléeAurélien Recoing (Douches Froides), etc.

A l’instar d’Antoine Doinel chez Truffaut, ou Xavier chez Klapisch (qui va redonner très vite de ces nouvelles dans Casse-tête chinois), j’aimerai bien continuer à suivre les aventures d’Adèle…

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